Archives Mensuelles: juillet 2012

Offre de stage en sensibilisation environnementale et en solidarité internationale

Description du poste :
Micro-Recyc-Coopération recherche un ou une stagiaire pour appuyer la responsable de la sensibilisation dans ses tâches. La personne devra donc aider à la conception d’outils de sensibilisation. Elle devra aussi animer des ateliers de sensibilisation dans les écoles primaires et secondaires, Cégeps et lors d’évènements destinés au grand public (kiosques, Journée Québécoise de la Solidarité Internationale)…

Contexte du poste :
Micro-Recyc-Coopération est un organisme de solidarité internationale qui a pour
mission de donner une seconde vie au matériel informatique usagé pour en faire bénéficier les populations défavorisées des pays du sud. Micro-Recyc offre plusieurs autres services (stages internationaux et locaux, ateliers de bijoux, sensibilisation dans les écoles). L’organisme débute cette année une vaste campagne de sensibilisation au Québec sur les enjeux de la consommation responsable, l’informatique responsable et la solidarité internationale. Elle vise surtout le jeunepublic (9-16 ans).

Lieu : Micro-Recyc-Coopération, 7000 avenue Du Parc, Montréal, local 103
Durée : 3 mois
Nombres d’heures : 1 à 2 jours semaines
Rémunération : Non

Exigences requises :
Créativité
Dynamisme
Capacité de travailler en équipe
Capacité d’animer un groupe de jeunes de 9 à 16 ans
Connaissances dans le domaine de l’environnement
Connaissances du milieu de la solidarité internationale (un atout)
Connaissances en informatique (suite office, médias sociaux)

Pour postuler envoyer votre candidature avant le 28 Aout à :  info@microrecyccoop.org

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Le sceau d’eau

C’est en venant en Afrique que l’on peut prendre conscience de l’importance de certains éléments qui nous sont presque banale au Québec.

Par exemple, l’eau!! On peut tout de suite oublier de prendre une bonne douche chaude en revenant du travail. L’eau qui sort des tuyaux est tellement glacée qu’elle me coupe le souffle à tout coup. Et cela c’est, si l’eau courante fonctionne. Bien sûr, il y a une installation de salle de bain avec un évier, une toilette et une pomme de douche dans ma famille. Mais je peux compter sur les cinq doigts de ma main les fois où j’ai pris une douche avec de l’eau qui sort du mur. Alors, depuis le début, je me suis habitué au lavage du corps avec un sceau.  Comment est-ce que l’on remplit ces seaux???

On s’arrange comme on peut!! La première façon est que, lorsque nous avons la chance de voir apparaître l’eau courante, c’est la folie dans la maison. Tout le monde s’affaire à remplir tous les contenants possibles. Deux personnes sur le robinet de la cuisine, deux autres sur la douche et les autres acheminent les contenants à destination. Ensuite, après avoir participé à cette course et m’être assuré que tous les contenants sont bien remplis, je prends mes accessoires de douche et je file dans la salle de bains. J’ouvre le robinet et … pas de chance, l’eau est déjà repartie…

La deuxième façon est que, lorsque les réserves d’eau commencent à s’épuiser, et qu’une bonne pluie torrentielle s’abat sur le village, tout le monde court à l’extérieur pour placer les sceaux de façon à ce qu’ils se remplissent. Alors on se lave avec une bonne eau tombant du ciel!

Et finalement, la troisième façon est que, si les deux premières ne se produisent pas, les enfants partent chacun avec deux gros bidons les remplir à environ 30 minutes de marche de chez nous.

Alors voilà comment ma relation avec l’eau est devenue beaucoup plus importante pour moi. Heureusement, dans le village où nous sommes, nous avons toujours accès à l’eau que ce soit d’une façon ou d’une autre. Il y a beaucoup d’autres endroits ici où ce n’est pas aussi facile. C’est pourquoi maintenant j’apprécie énormément cet élément de la nature!!

Témoignage de Marie-Lou Bouchard Gauvin

Un goût des tropiques

Une saveur d’ananas sucrés, de mangues crémeuses, du manioc, de plantain, de maïs que les vieilles femmes récoltent chaque matin au champ. En Afrique tout a un goût connu et inconnu en même temps. Mes mémoires d’enfance en Colombie, mon histoire au Québec et le fait de me découvrir au Cameroun. Tout ça fait un mélange délicieux de saveurs qui entrent dans mes sens et me rappellent d’où je viens  et d’où je suis. C’est ça l’Afrique pour moi. Le son d’un elèm, les femmes qui marchent avec un rythme musical avec un bouquet de fruits sur leurs têtes, leurs robes colorées, la danse, le poisson braisé, etc…

Au Cameroun je découvre mon rythme, même à milles de distance et une mer de différence de mes origines. Dans les goûts quotidiens, je découvre un peu de mon histoire, de ma culture, de mes racines. Je me découvre dans  les tam-tam Tam de la musique et même dans les sourires des gens. Je me découvre dans une culture qui a voyage le temps  pour s’installer dans les cœurs à l’autre côté de la mer.

Finalement, je découvre la chance que la vie m’a donnée d’habiter au Québec et me rapprocher aux autres cultures, vivre une expérience unique, apprendre des autres.  Après mon voyage, je suis sûr que je serai beaucoup plus québécoise, un peu plus colombienne, mais aussi j’espère, un peu camerounaise.

Témoignage de Diana Mora

Un grain de sable à la fois

On nous l’a dit et répété à chacune des formations pré-départ du programme Québec Sans Frontières: nous ne partons pas changer le monde. Le but est d’abord de se voir initiés à la coopération internationale, de former une jeunesse plus ouverte sur le monde, qui peut-être prendra la relève dans ce domaine.

D’ailleurs, nous l’avons rapidement constaté, alors que le jour de notre arrivée sur le lieu du stage, un homme nous faisait remarquer ceci : nous amenons des ordinateurs, une bibliothèque, des activités culturelles. D’accord. Mais il faut que les gens mangent d’abord.

Ce vieil homme avait raison.

En effet, dès le départ, un constat s’est imposé : nous n’avons pas les outils pour changer la vie des Camerounais du petit village de Mbouroukou. Encore moins le monde.

En vérité, aussi kitsch que cela puisse sonner, l’expérience de coopération apporte indéniablement davantage à celui qui part aider qu’à celui qui reçoit cette aide. Un été en Afrique, c’est probablement le plus précieux cadeau qu’on aurait pu m’offrir. « Ça change la vie », comme le dit ma compagne de stage, Diana.

Il n’en demeure pas moins qu’après tout, changer le monde, cela ne signifie pas nécessairement tout virer à l’envers. Ce qui m’amène à l’histoire du grain de sable dans le désert. Si un homme va dans le désert et ne déplace qu’un seul grain de sable, le monde sera différent après son passage. Ne peut-on pas dire qu’il aura ainsi changé le monde?

Le sourire d’un agriculteur qui vient de toucher pour la première fois à un ordinateur, ou encore la fierté des enfants lorsqu’ils reçoivent des encouragements, c’est peut-être ça notre grain de sable à nous.

Peut-être est-ce simplement cela, faire de la coopération internationale: changer le monde, un grain de sable à la fois

Témoignage de Laurence Campeau

La proximité

Déjà près d’un mois que nous sommes arrivés dans le village de Mbouroukou. Chaque jour je ne cesse d’être étonné par la proximité qui existe entre membres de la communauté. Que ce soit la cuisine, la nourriture, mais aussi et surtout par l’hospitalité des résidents.

Dès mon arrivée dans ma famille d’accueil, près de 40 personnes sont passées durant la soirée pour me souhaiter la bienvenue, mais aussi pour m’inviter à passer les voir à leur domicile. Mais étant un peu fatigué et dépassé par les évènements, je me suis couché très tôt.

En matinée accompagnée de ma sœur, nous avons visité le village. Elle m’a présenté tous les habitants en établissant les différents liens qui existent entre ceux-ci.

Plusieurs soirs par semaine, au minimum 10 jeunes viennent écouter la télévision à la maison et la plupart n’ont rien mangé pour souper alors ma mère d’accueil leur offre un repas même si ce ne sont pas ses propres enfants. Ils vivent au village et les liens qui les unissent sont très forts.

Alors, chaque jour, je rencontre de nouvelles personnes, visite de nouvelles maisons et j’espère que ce sera comme cela jusqu’à la fin du stage!

Témoignage d’Antoine Beaulieu

Ici, on a le temps…

Coopération internationale; deux mots qui m’étaient pratiquement inconnus il y a un an et maintenant ils se trouvent en plein centre de mon petit univers. Ici, au Cameroun, j’apprends de plus en plus comment se déroule cette collaboration entre deux partenaires aux réalités complètement différentes.

Une des choses qui m’a le plus marquée est le rapport avec le temps. Parfois j’ai l’impression que le temps n’existe tout simplement pas ici, il y a «la lumière» et la nuit. Bien que les membres du CODEMBO soient pour la plupart des personnes biens occupées, ils prennent toujours le temps de s’arrêter quelques minutes (ou plusieurs minutes!), pour discuter avec des amis, frères, voisins, faire des courses imprévues, etc… La conséquence est donc qu’ils sont en retard font attendre d’autres personnes qui à leur tour font attendre quelqu’un d’autre et finalement tout le monde attend toujours après tout le monde!  Bref, lorsqu’on a une rencontre à midi elle débute très rarement avant 13h00.

Quand je pense au Québec, je me dis souvent que notre ponctualité est exemplaire comparativement à celle des Camerounais. Par contre, leur savoir vivre envers les gens de leur communauté n’a pas piétiné par un besoin constant de courir après le temps. Ça peut sembler a priori bien banal, mais pour moi c’est un bon exemple de coopération internationale, deux cultures différentes avec leur manière bien à elles de travailler qui n’ont d’autres choix que de faire des compromis pour arriver à leur but commun. Finalement, je commence à m’habituer à attendre et à respirer un peu !

Témoignage de Hattie Champagne

La boutique d’ekanang

Presque chaque soir après avoir passé la journée avec mes amis les blancs, comme on nous appelle si bien ici, je me retrouve souvent seule parmi les hommes de la boutique en bas de chez moi. Bière à la main ou poche de whisky, il joue souvent à l’argent aux cartes ou avec le jeu de damier.

Je me rappelle d’une soirée ou mon voisin m’avait dit que quelques fois il faisait la correction à sa femme parce qu’elle ne l’avait pas écouté. J’étais vraiment sidéré. Heureusement d’autres sont intervenus en disant que ce n’était pas tous les hommes qui faisaient ça. En général, les femmes n’ont pas trop leur mot à dire dans le couple et elles ne peuvent pas quitter le foyer sinon c’est vraiment mal perçu. À mon tour, je leur expliquais comment ça se passait au Canada si une femme n’était pas bien dans son couple. Cette soirée-là, ç’a été une bonne discussion avec eux. Essayer de comprendre et seulement accepter comment, ils pensent. Sinon on essaye de me convertir à la bible, de croire en celui qui m’a créé…

Il va seulement rester 3 semaines en revenant de la mi-stage et je sais déjà que les conversations autour d’une bière à 1$ canadien vont me manquer.

Témoignage de Vanessa Gagné Babin