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Un goût des tropiques

Une saveur d’ananas sucrés, de mangues crémeuses, du manioc, de plantain, de maïs que les vieilles femmes récoltent chaque matin au champ. En Afrique tout a un goût connu et inconnu en même temps. Mes mémoires d’enfance en Colombie, mon histoire au Québec et le fait de me découvrir au Cameroun. Tout ça fait un mélange délicieux de saveurs qui entrent dans mes sens et me rappellent d’où je viens  et d’où je suis. C’est ça l’Afrique pour moi. Le son d’un elèm, les femmes qui marchent avec un rythme musical avec un bouquet de fruits sur leurs têtes, leurs robes colorées, la danse, le poisson braisé, etc…

Au Cameroun je découvre mon rythme, même à milles de distance et une mer de différence de mes origines. Dans les goûts quotidiens, je découvre un peu de mon histoire, de ma culture, de mes racines. Je me découvre dans  les tam-tam Tam de la musique et même dans les sourires des gens. Je me découvre dans une culture qui a voyage le temps  pour s’installer dans les cœurs à l’autre côté de la mer.

Finalement, je découvre la chance que la vie m’a donnée d’habiter au Québec et me rapprocher aux autres cultures, vivre une expérience unique, apprendre des autres.  Après mon voyage, je suis sûr que je serai beaucoup plus québécoise, un peu plus colombienne, mais aussi j’espère, un peu camerounaise.

Témoignage de Diana Mora

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Un grain de sable à la fois

On nous l’a dit et répété à chacune des formations pré-départ du programme Québec Sans Frontières: nous ne partons pas changer le monde. Le but est d’abord de se voir initiés à la coopération internationale, de former une jeunesse plus ouverte sur le monde, qui peut-être prendra la relève dans ce domaine.

D’ailleurs, nous l’avons rapidement constaté, alors que le jour de notre arrivée sur le lieu du stage, un homme nous faisait remarquer ceci : nous amenons des ordinateurs, une bibliothèque, des activités culturelles. D’accord. Mais il faut que les gens mangent d’abord.

Ce vieil homme avait raison.

En effet, dès le départ, un constat s’est imposé : nous n’avons pas les outils pour changer la vie des Camerounais du petit village de Mbouroukou. Encore moins le monde.

En vérité, aussi kitsch que cela puisse sonner, l’expérience de coopération apporte indéniablement davantage à celui qui part aider qu’à celui qui reçoit cette aide. Un été en Afrique, c’est probablement le plus précieux cadeau qu’on aurait pu m’offrir. « Ça change la vie », comme le dit ma compagne de stage, Diana.

Il n’en demeure pas moins qu’après tout, changer le monde, cela ne signifie pas nécessairement tout virer à l’envers. Ce qui m’amène à l’histoire du grain de sable dans le désert. Si un homme va dans le désert et ne déplace qu’un seul grain de sable, le monde sera différent après son passage. Ne peut-on pas dire qu’il aura ainsi changé le monde?

Le sourire d’un agriculteur qui vient de toucher pour la première fois à un ordinateur, ou encore la fierté des enfants lorsqu’ils reçoivent des encouragements, c’est peut-être ça notre grain de sable à nous.

Peut-être est-ce simplement cela, faire de la coopération internationale: changer le monde, un grain de sable à la fois

Témoignage de Laurence Campeau