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L’organisme montréalais Micro-Recyc-Coopération reçoit une délégation du Niger

C’est une délégation nigérienne spécialement venue de Niamey que l’organisme Micro-Recyc-Coopération a reçu à Montréal du 12 au 17 septembre. Cette délégation composée du maire de la commune 3 de Niamey Mr Adamou Tini Alzouma et des conseillers Mrs Nouhou Garba, Mabeye Harouna et Mr Nakano Tata Ousmane a permis de renouer une collaboration datant de 2005, en vue d’ informatiser les écoles de la capitale du Niger.

Partenariat pour équiper les écoles de Niamey
Un accord de partenariat a été signé entre Micro-Recyc et la ville de Niamey visant à doter les écoles de la capitale du Niger d’outils informatiques et contribuer ainsi à la qualité de l’enseignement dans le pays. Un projet pilote est en cours visant à être étendu sur tous les arrondissements, compte tenu du fort besoin exprimé par la ville de Niamey. L’idée est d’envisager une collaboration plus large allant de l’installation du matériel à la supervision des opérations, jusqu’à l’appui en local d’un technicien informatique par école. L’objectif étant de favoriser l’autonomie informatique en prolongeant la vie du matériel et de recycler en dernière limite.

Matériel informatique de Micro Recyc installédans un lycée à Ouallam au Niger en 2011

Matériel informatique de Micro Recyc installédans un lycée à Ouallam au Niger en 2011

Qui est Micro-Recyc-Coopération ?
C’est à la fois un organisme de coopération internationale et d’économie sociale basé à Montréal dans le quartier de Parc extension. Micro-Recyc œuvre depuis 2003 à faciliter le transfert, l’appropriation des TIC, pour améliorer l’empowerment des populations désavantagées. Les ordinateurs de Micro-Recyc sont utilisés principalement pour équiper les établissements d’enseignements dans 10 pays du Sud (dont le Cameroun, Niger, Gabon, Haïti…) Micro-Recyc implante des centres de savoirs au Cameroun et en Haïti avec l’appui de l’Organisation Internationale de la Francophonie. Les centres de savoirs facilitent, via les TIC, le partage des savoirs locaux en vue d’améliorer les conditions de vie des populations.

Marathon et sources d’inspirations
Le vendredi 12, La Cdec Centre-Nord représentée par son directeur général Mr Denis Sirois et Mme Stéphanie Ramdé ont marqué l’événement en accueillant la délégation aux « Petites Mains ». Un bon buffet attendait la délégation suivi d’une visite des ateliers de confection situés à coté du café-resto de cette entreprise d’économie sociale de l’arrondissement Villeray-St Michel- Parc extension. Cette visite menée par Mr Ali Abdali directeur des opérations a permis de faire découvrir un modèle d’économie sociale encouragé par la Cdec. Dans l’après midi la délégation a été reçue par la mairie de Villeray-St Michel-Parc extension et de ses conseillers Mme Marie Deros ainsi que Mr Frantz Benjamin qui est aussi président du conseil de la ville de Montréal. Les échanges chaleureux ont laissé place à une séance photo et de la signature du livre d’or.

La délégation du Niger aux "Petites mains" une invitation concoctée par Cdec Centre Nord

La délégation du Niger aux « Petites mains » une invitation concoctée par Cdec Centre Nord

Visite de la délégation des ateliers de confection des "Petites mains"

Visite de la délégation des ateliers de confection des « Petites mains »

Après la pause bien méritée de fin de semaine, la délégation a repris de plus belle son marathon dans la belle province. Le maire de Gatineau Mr Maxime Pedneaud Jobin a reçu la délégation nigérienne le lundi 15 septembre. L’échange cordial a permis à la délégation d’exprimer son désir de mettre en œuvre des partenariats au Québec facilitant l’éducation au Niger via les TIC. Une autre réception attendait la délégation dans la mairie et municipalité de l’Ange Gardien située à 15 minutes de Gatineau. L’après midi a été consacré à la découverte de la novatrice plateforme agricole de l’Ange Gardien permettant aux agriculteurs de partager terres et matériels, réduisant ainsi considérablement leurs investissements tout en priorisant les cultures bio.

Le maire de Gatineau Mr Maxime Pedneaud Jobin  recoit la délégation du Niger

Le maire de Gatineau Mr Maxime Pedneaud Jobin recoit la délégation du Niger

Clôture en beauté
Pour bien finir ce marathon, la délégation nigérienne et Micro-Recyc ont été reçu le mardi 16 à l’hôtel de ville de Montréal, par le maire Mr Denis Coderre, accompagné de la mairesse de Parc extension Mme Anie Samson. Après que le maire nigérien ait remis un cadeau à son homologue montréalais, la délégation a été invitée à participer au conseil municipal. Ce dernier a fait une belle ovation à la délégation qui a été particulièrement touchée par cet accueil. Pour enfoncer le clou, la Coopérative de Développement Régional (CDR) Montréal Laval dirigée par Mr Abderrahim Izirri a également invité la délégation pour un déjeuner-conférence. Il y a été présenté le modèle coopératif au Québec avec son histoire son influence économique et sociale ; la délégation a également été invitée au sommet international des coopératives 2014 qui se tiendra du 6 au 9 octobre à Montréal. La délégation nigérienne a été très réceptive au modèle coopératif qu’elle verrait bien être plus largement répandue au Niger.

La délégation du Niger recue par le maire de Montréal Denis Coderre à l'hotel de ville

La délégation du Niger recue par le maire de Montréal Denis Coderre à l’hotel de ville

La CDR Montréal Laval recoit la délégation pour un déjeuner conférence

La CDR Montréal Laval recoit la délégation pour un déjeuner conférence

Une chance à saisir
Qu’une délégation nigérienne prenne la peine de venir au Québec pour sceller un partenariat avec l’ organisme Micro-Recyc est en soit très encourageant pour les relations Nord Sud. Mais qu’en plus le Niger démontre une réelle volonté politique de placer l’éducation comme priorité est une véritable chance, autant pour l’Afrique que pour l’occident. En effet l’avenir de l’humanité ne se fera qu’avec une coopération accrue entre les peuples, à condition toutefois que les nations priorisent l’éducation et le bien être de leur population. Ce type d’échange est aussi une chance pour le Québec de promouvoir au Sud d’autres modèles de développement comme les coopératives et l’économie sociale. Tout le monde est gagnant avec de telles échanges reste à faciliter économiquement et politiquement de telles initiatives. C’est un véritable défi surtout en période de coupures budgétaires assidues…

Pour toutes informations complémentaires :
Contact : Franck Billaud
Responsable des communications
et des centres de savoirs
Micro-Recyc-Coopération
514 227 5776
franckbillaud@microrecyccoop.org
Site internet de Micro-Recyc

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Création d’un centre de savoir et de valorisation

Communiqué de presse (pour diffusion immédiate).

drapeau_francophonie_hd1L’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a sélectionné le projet de création de centre de savoir et de valorisation au Cameroun et en Haïti proposé par l’organisme Micro-Recyc-Coopération. Ce dernier a été retenu  dans le cadre du 20e appel à projets pour la production de contenus ou d’applications francophones numériques. Les Technologies de l’Information et des Communications (TIC) seront mises au service de l’humain pour permettre aux agriculteurs / trices et artisans, de faire savoir leur savoir faire, tout en accédant à des informations contribuant à améliorer leur quotidien (privé et professionnel).

L’OIF par le biais de son programme des Inforoutes financera le projet pour un montant de 201 600 Euros sur une durée de 2 ans. Le projet débutera en 2013 au Cameroun pour se poursuivre en 2014 en Haïti.

Constat et déclencheur du projet

C’est bien souvent le manque d’accès à l’information, associé à une isolation géographique, qui fragilisent les acteurs livrés au bon vouloir des acheteurs fixant les conditions du marché (prix, délai, etc.). Le café est un exemple représentatif, ajoutons à cela le nombre impressionnant d’intermédiaires  qui vampirisent la chaine pour la revente. Cette situation induit également la problématique associée à l’usage de pesticides et la dépendance aux produits chimiques affaiblissant les sols…

A- Centre de savoir-faire

Il s’agit de mettre en place une structure physique (le centre) et virtuelle (site et réseaux internet) pour autonomiser les communautés rurales à travers les technologies de l’information (TIC) dont l’objectif est d’améliorer significativement les conditions de vie des populations impliquées. Cette démarche prendra aussi ses racines dans  le partage des informations et  l’enrichissement du savoir à partir des connaissances acquises et transmises au fil des générations autour d’une langue commune : le français.

B- Centre de valorisation (le  faire-savoir)

Le centre de valorisation vise à promouvoir et faire savoir l’artisanat, l’agriculture entre les pays concernés et aussi auprès d’un public élargi, permettant de favoriser des débouchés commerciaux bien au-delà des frontières locales ou du pays. L’objectif est de pérenniser la démarche mais aussi de donner une visibilité nationale et internationale aux acteurs ainsi qu’à leurs réalisations. Enfin il s’agit de mettre en lumière des talents qui ne bénéficient en général d’aucune visibilité.

Les défis à relever

L’implication des bénéficiaires, l’autonomisation financière des centres ainsi que la mise en réseau locale et internationale constituent de véritables défis à relever, Toute l’énergie sera consacrée au bon fonctionnement du projet, Mais surtout Micro Recyc fera en sorte que toutes les actions mises en œuvre ou encore les choix technologiques puissent guider et servir pour des projets similaires, menés dans d’autres régions de la Francophonie.

L’inspiration

Inspirée des centres de savoir en Inde, Micro Recyc a cherché sur internet tout ce qui se rapportait à cette expérience, Malheureusement nous avons trouvé très peu d’informations sites internet vidéos reportages illustrant ces expériences.

Raison pour laquelle Micro-Recyc réactualisera l’idée et communiquera autant sur le partage de la mise en œuvre que sur la concrétisation finale même du projet priorisant ainsi la pédagogie et les solutions expérimentées. Ainsi il sera légué bon nombre d’informations techniques (comme l’utilisation de logiciels libres pour la création de site) permettant la mise en œuvre d’expériences similaires dans la francophonie.

Site internet www.microrecyccoop.org – info@microrecyccoop.org

Bientôt de nouveaux outils de sensibilisation !

Micro Recyc Coopération lancera cet automne une trousse de sensibilisation pédagogique. Cette trousse aura pour vocation de promouvoir les impacts bénéfiques du réemploi et du recyclage dans le domaine des Technologies de l’Information et des Communications (TIC), avec une approche « pratico pratique » Ainsi la trousse comprendra une vidéo pédagogique et de la documentation qui expliqueront l’importance du réemploi et des options de recyclage effectuées dans de bonnes conditions (sociales et environnementales). Prêchant par l’exemple l’organisme Micro Recyc partagera ses réalisations concrètes dans les domaines du réemploi et du recyclage. En effet Micro Recyc qui intervient autant en local qu’à l’international, dispose d’une expertise précieuse et inspirante. Le soutien de Cecosol permet ainsi à Micro-Recyc de poursuivre sa dynamique en matière de sensibilisation avec des outils de communication novateurs réalisés avec la participation financière de la caisse d’économie solidaire Desjardins qui contribue à bâtir un Québec plus juste dans la perspective d’un développement durable.

Pour en savoir plus sur la caisse solidaire

Un goût des tropiques

Une saveur d’ananas sucrés, de mangues crémeuses, du manioc, de plantain, de maïs que les vieilles femmes récoltent chaque matin au champ. En Afrique tout a un goût connu et inconnu en même temps. Mes mémoires d’enfance en Colombie, mon histoire au Québec et le fait de me découvrir au Cameroun. Tout ça fait un mélange délicieux de saveurs qui entrent dans mes sens et me rappellent d’où je viens  et d’où je suis. C’est ça l’Afrique pour moi. Le son d’un elèm, les femmes qui marchent avec un rythme musical avec un bouquet de fruits sur leurs têtes, leurs robes colorées, la danse, le poisson braisé, etc…

Au Cameroun je découvre mon rythme, même à milles de distance et une mer de différence de mes origines. Dans les goûts quotidiens, je découvre un peu de mon histoire, de ma culture, de mes racines. Je me découvre dans  les tam-tam Tam de la musique et même dans les sourires des gens. Je me découvre dans une culture qui a voyage le temps  pour s’installer dans les cœurs à l’autre côté de la mer.

Finalement, je découvre la chance que la vie m’a donnée d’habiter au Québec et me rapprocher aux autres cultures, vivre une expérience unique, apprendre des autres.  Après mon voyage, je suis sûr que je serai beaucoup plus québécoise, un peu plus colombienne, mais aussi j’espère, un peu camerounaise.

Témoignage de Diana Mora

Un grain de sable à la fois

On nous l’a dit et répété à chacune des formations pré-départ du programme Québec Sans Frontières: nous ne partons pas changer le monde. Le but est d’abord de se voir initiés à la coopération internationale, de former une jeunesse plus ouverte sur le monde, qui peut-être prendra la relève dans ce domaine.

D’ailleurs, nous l’avons rapidement constaté, alors que le jour de notre arrivée sur le lieu du stage, un homme nous faisait remarquer ceci : nous amenons des ordinateurs, une bibliothèque, des activités culturelles. D’accord. Mais il faut que les gens mangent d’abord.

Ce vieil homme avait raison.

En effet, dès le départ, un constat s’est imposé : nous n’avons pas les outils pour changer la vie des Camerounais du petit village de Mbouroukou. Encore moins le monde.

En vérité, aussi kitsch que cela puisse sonner, l’expérience de coopération apporte indéniablement davantage à celui qui part aider qu’à celui qui reçoit cette aide. Un été en Afrique, c’est probablement le plus précieux cadeau qu’on aurait pu m’offrir. « Ça change la vie », comme le dit ma compagne de stage, Diana.

Il n’en demeure pas moins qu’après tout, changer le monde, cela ne signifie pas nécessairement tout virer à l’envers. Ce qui m’amène à l’histoire du grain de sable dans le désert. Si un homme va dans le désert et ne déplace qu’un seul grain de sable, le monde sera différent après son passage. Ne peut-on pas dire qu’il aura ainsi changé le monde?

Le sourire d’un agriculteur qui vient de toucher pour la première fois à un ordinateur, ou encore la fierté des enfants lorsqu’ils reçoivent des encouragements, c’est peut-être ça notre grain de sable à nous.

Peut-être est-ce simplement cela, faire de la coopération internationale: changer le monde, un grain de sable à la fois

Témoignage de Laurence Campeau

La proximité

Déjà près d’un mois que nous sommes arrivés dans le village de Mbouroukou. Chaque jour je ne cesse d’être étonné par la proximité qui existe entre membres de la communauté. Que ce soit la cuisine, la nourriture, mais aussi et surtout par l’hospitalité des résidents.

Dès mon arrivée dans ma famille d’accueil, près de 40 personnes sont passées durant la soirée pour me souhaiter la bienvenue, mais aussi pour m’inviter à passer les voir à leur domicile. Mais étant un peu fatigué et dépassé par les évènements, je me suis couché très tôt.

En matinée accompagnée de ma sœur, nous avons visité le village. Elle m’a présenté tous les habitants en établissant les différents liens qui existent entre ceux-ci.

Plusieurs soirs par semaine, au minimum 10 jeunes viennent écouter la télévision à la maison et la plupart n’ont rien mangé pour souper alors ma mère d’accueil leur offre un repas même si ce ne sont pas ses propres enfants. Ils vivent au village et les liens qui les unissent sont très forts.

Alors, chaque jour, je rencontre de nouvelles personnes, visite de nouvelles maisons et j’espère que ce sera comme cela jusqu’à la fin du stage!

Témoignage d’Antoine Beaulieu

Ici, on a le temps…

Coopération internationale; deux mots qui m’étaient pratiquement inconnus il y a un an et maintenant ils se trouvent en plein centre de mon petit univers. Ici, au Cameroun, j’apprends de plus en plus comment se déroule cette collaboration entre deux partenaires aux réalités complètement différentes.

Une des choses qui m’a le plus marquée est le rapport avec le temps. Parfois j’ai l’impression que le temps n’existe tout simplement pas ici, il y a «la lumière» et la nuit. Bien que les membres du CODEMBO soient pour la plupart des personnes biens occupées, ils prennent toujours le temps de s’arrêter quelques minutes (ou plusieurs minutes!), pour discuter avec des amis, frères, voisins, faire des courses imprévues, etc… La conséquence est donc qu’ils sont en retard font attendre d’autres personnes qui à leur tour font attendre quelqu’un d’autre et finalement tout le monde attend toujours après tout le monde!  Bref, lorsqu’on a une rencontre à midi elle débute très rarement avant 13h00.

Quand je pense au Québec, je me dis souvent que notre ponctualité est exemplaire comparativement à celle des Camerounais. Par contre, leur savoir vivre envers les gens de leur communauté n’a pas piétiné par un besoin constant de courir après le temps. Ça peut sembler a priori bien banal, mais pour moi c’est un bon exemple de coopération internationale, deux cultures différentes avec leur manière bien à elles de travailler qui n’ont d’autres choix que de faire des compromis pour arriver à leur but commun. Finalement, je commence à m’habituer à attendre et à respirer un peu !

Témoignage de Hattie Champagne

La boutique d’ekanang

Presque chaque soir après avoir passé la journée avec mes amis les blancs, comme on nous appelle si bien ici, je me retrouve souvent seule parmi les hommes de la boutique en bas de chez moi. Bière à la main ou poche de whisky, il joue souvent à l’argent aux cartes ou avec le jeu de damier.

Je me rappelle d’une soirée ou mon voisin m’avait dit que quelques fois il faisait la correction à sa femme parce qu’elle ne l’avait pas écouté. J’étais vraiment sidéré. Heureusement d’autres sont intervenus en disant que ce n’était pas tous les hommes qui faisaient ça. En général, les femmes n’ont pas trop leur mot à dire dans le couple et elles ne peuvent pas quitter le foyer sinon c’est vraiment mal perçu. À mon tour, je leur expliquais comment ça se passait au Canada si une femme n’était pas bien dans son couple. Cette soirée-là, ç’a été une bonne discussion avec eux. Essayer de comprendre et seulement accepter comment, ils pensent. Sinon on essaye de me convertir à la bible, de croire en celui qui m’a créé…

Il va seulement rester 3 semaines en revenant de la mi-stage et je sais déjà que les conversations autour d’une bière à 1$ canadien vont me manquer.

Témoignage de Vanessa Gagné Babin